De la coopération internationale à la coopération économique : changer notre regard sur l’Afrique

Publié sur: 12/10/2026

Pour Guy Bylemans, coach chez OVO, ce serait une grave erreur pour l’Europe de ne pas se tourner aujourd’hui vers l’Afrique. Non pas dans une logique classique Nord-Sud, mais dans une perspective d’entrepreneuriat, d’investissement et de coopération économique. Les parcours de Martha et Daniel de MADCO, ainsi que celui de Charles de My Guardian, illustrent parfaitement pourquoi.

Pour Guy Bylemans, les choses sont en réalité assez simples. Dans le contexte géopolitique actuel, l’Europe ne peut plus se permettre de regarder l’Afrique uniquement sous l’angle de ses problèmes et de ses besoins. Elle doit aussi prendre la mesure du potentiel économique du continent et s’intéresser aux entrepreneurs qui, aujourd’hui déjà, transforment ce potentiel en activités concrètes. 

Guy sait de quoi il parle. Fort d’une longue expérience professionnelle dans le monde des affaires à l’international, il met depuis deux ans son expertise au service d’Entrepreneurs pour Entrepreneurs (OVO) en tant que coach bénévole. Il y accompagne des entrepreneurs qui développent leur entreprise dans des environnements souvent moins prévisibles que les nôtres, cherchent à accéder au financement, créent des emplois et imaginent des solutions à des problèmes très concrets. 

« Dans le contexte géopolitique actuel, ne pas regarder l’Afrique sous l’angle économique depuis l’Europe ou la Belgique serait une grave erreur. »

 -Guy Bylemans, Business coach OVO 

Pour Guy, cela ne signifie pas que la coopération internationale n’a plus de rôle à jouer. Mais plutôt qu’il est temps de l’envisager autrement : moins comme une relation à sens unique et davantage sous l’angle de l’entrepreneuriat, de l’investissement et de relations économiques durables. 

« Nous avons l’occasion de montrer, à travers un récit économique, ce que la coopération internationale peut aussi être. Regardez ce que fait Martha. C’est cela, investir. C’est cela, entreprendre. »

 -Guy Bylemans, Business coach OVO

Une « fille » baptisée MADCO 

Martha Namabiro est précisément l’une de ces entrepreneures. Avec son associé Daniel, elle développe en Ouganda MADCO Investments, une entreprise active dans l’agrobusiness qui, au fil des dernières années, s’est construite pas à pas autour des besoins des agriculteurs locaux. 

Guy les accompagne dans le cadre d’OVO et a appris à bien connaître Martha et Daniel au fil de ce parcours. Les liens et la confiance mutuelle qui se sont tissés lui montrent à quel point le coaching va bien au-delà des chiffres et des business plans. 

Guy aime décrire MADCO comme le « bébé » que Martha et Daniel font grandir ensemble. Un jour, il leur a demandé si ce bébé était un garçon ou une fille. La réponse ne s’est pas fait attendre : une fille. 

 

“Because girls are so dedicated.” 

—Martha Namabiro, Managing Director MADCO 

Cette image correspond étonnamment bien à l’histoire de MADCO. Martha et Daniel n’ont pas bâti leur entreprise d’un seul coup. Ils l’ont fait grandir étape par étape, en observant chaque fois les besoins qui n’étaient pas encore couverts sur le terrain et en développant des solutions commerciales pour y répondre. 

Martha résume elle-même très simplement cette manière d’entreprendre:

 

“We are looking at the gaps and encouraging ourselves to fill the gaps.”

 —Martha Namabiro, Managing Director MADCO

C’est précisément là que réside, aux yeux de Guy, la force de son approche entrepreneuriale. Martha ne part pas de la question de savoir quel projet elle pourrait mettre en place, mais bien de la réalité de ses clients. Où se situe le problème ? Qu’est-ce qui leur manque ? Et MADCO peut-elle développer une solution qui crée à la fois de la valeur économique et sociale ? 

Les résultats financiers de MADCO montrent que cette approche porte ses fruits. En 2025, l’entreprise a enregistré une croissance de son chiffre d’affaires de près de 78 % par rapport à l’année précédente. Dans le même temps, sa rentabilité s’est elle aussi nettement améliorée. MADCO ne grandit donc pas seulement en termes d’activités et d’ambitions : l’entreprise consolide également, étape par étape, ses bases financières.

 

 

Martha connaissait bien le secteur agricole de l’intérieur. Elle avait notamment constaté que les agriculteurs investissaient dans des machines agricoles, sans toujours disposer des connaissances nécessaires pour les utiliser de manière optimale. Plutôt que de se limiter à fournir des machines, elle a donc commencé à conseiller et à accompagner les agriculteurs. 

C’est à partir de ces services que MADCO a progressivement élargi ses activités : du conseil à la location de machines agricoles, jusqu’à la vente d’ingrédients destinés à l’alimentation animale. 

Un impact concret, visible sur le terrain 

Pour Guy, cette croissance devient véritablement tangible lorsqu’il voit ce qu’elle signifie pour d’autres entrepreneurs. Il se souvient notamment d’une visite dans une exploitation agricole comptant une centaine de vaches. MADCO ne s’était pas contentée d’y livrer une machine ou un produit. Martha et son équipe avaient analysé l’exploitation avec l’entrepreneur et l’avaient aidé à améliorer sa manière de travailler. En termes plus techniques, ils ont procédé à une véritable réorganisation des processus de leur client agriculteur. 

Ce qui a surtout marqué Guy, c’est la confiance que cet entrepreneur accordait à Martha. 

C’est précisément là que l’on mesure ce qu’une entreprise comme MADCO peut apporter. Lorsqu’elle grandit, MADCO ne crée pas uniquement de la valeur économique pour elle-même. Elle aide d’autres exploitations agricoles à gagner en productivité, partage des connaissances, crée des emplois et contribue ainsi à renforcer tout un écosystème économique local. 

Aujourd’hui, MADCO se trouve à l’aube d’une nouvelle étape importante. Les terrains sur lesquels l’entreprise est installée sont à vendre. Martha et Daniel souhaiteraient pouvoir y rester et acquérir eux-mêmes ces terrains, mais ils ne disposent actuellement pas des moyens suffisants pour financer seuls cet investissement. Avec OVO, ils examinent les différentes possibilités qui pourraient s’offrir à eux. 

Leur « fille » est donc encore loin d’avoir fini de grandir. Et c’est peut-être justement là toute la logique de leur parcours entrepreneurial. Pour Martha et Daniel, entreprendre signifie continuer à identifier les problèmes et à y voir de nouvelles opportunités. MADCO ne grandit pas malgré les défis, mais en cherchant constamment des solutions pour les surmonter. 

Pour Guy, Martha représente donc bien plus qu’un bel exemple de coopération internationale. Elle incarne surtout une réalité que nous avons encore parfois tendance à sous-estimer en Europe lorsque nous regardons l’Afrique : celle d’une entrepreneure ambitieuse, à la tête d’une entreprise en pleine croissance et active sur un marché riche en opportunités. 

Travailler en sécurité, gagner sa vie en sécurité

L’histoire de Martha n’est pas un cas isolé. Dans son travail avec OVO, Guy rencontre des entrepreneurs issus de secteurs très différents, mais observe chaque fois la même dynamique : ils partent d’un problème concret, construisent une entreprise autour d’une solution, puis se retrouvent face à de nouveaux défis à mesure que leur activité se développe. 

Le Dr Charles Maina en est un autre bel exemple. Charles est l’entrepreneur à l’origine de My Guardian, une entreprise technologique ougandaise qui accompagne les travailleurs migrants d’Afrique de l’Est, en particulier ceux qui travaillent au Moyen-Orient. Il a lui-même étudié et travaillé quelque temps en Belgique, où il a obtenu son doctorat à l’Université de Hasselt. Il a ensuite mis ses connaissances et son expérience au service d’un problème beaucoup plus proche de chez lui. 

Pour de nombreuses familles d’Afrique de l’Est, partir travailler au Moyen-Orient peut changer beaucoup de choses. Cela leur assure un revenu et ouvre de nouvelles perspectives à la famille restée au pays. Mais le prix à payer peut être lourd : vivre loin de ses proches pendant plusieurs années et, parfois, travailler dans des conditions précaires ou peu sûres. 

Avec Track, Trace and Rescue, My Guardian a donc développé une solution permettant de rester en contact avec les travailleurs migrants et de savoir où ils se trouvent. Lorsqu’une personne ne donne plus de nouvelles, elle peut être localisée et, si nécessaire, une assistance peut être organisée. 

OVO est également devenu partie prenante de cette aventure entrepreneuriale. Charles a bénéficié d’un accompagnement ainsi que d’un prêt à finalité sociale qui a permis à My Guardian de poursuivre le développement de ses activités. Mais la réponse apportée à un premier problème en a rapidement fait apparaître un autre. 

Guy, qui accompagne Charles en tant que coach OVO, a ainsi vu l’attention s’élargir de la protection des travailleurs migrants à une autre question essentielle : qu’advient-il de l’argent pour lequel ils travaillent si dur ? 

Rien qu’en 2025, l’Ouganda a reçu environ 2,5 milliards de dollars sous forme de transferts d’argent depuis l’étranger. Des fonds qui servent, au pays, à financer l’alimentation, les soins de santé, l’éducation, le logement et les dépenses quotidiennes des familles. 

C’est ainsi qu’est né GuardianPay, le volet financier détenu par les mêmes propriétaires que My Guardian. Aujourd’hui, OVO accompagne également Charles dans son développement. L’ambition est claire : rendre les transferts d’argent moins coûteux et plus transparents, afin qu’une plus grande part de chaque dollar gagné arrive effectivement jusqu’à la famille restée au pays. 

Et Charles voit déjà plus loin. À terme, il ambitionne de toucher plus d’un million de travailleurs migrants est-africains le long des principaux corridors migratoires vers le Moyen-Orient. Son objectif est de combiner l’inclusion financière avec le réseau de protection déjà mis en place par My Guardian. 

« Un travailleur migrant passe parfois plusieurs années loin de ceux qu’il aime pour leur offrir un avenir meilleur. Si nous pouvons faire en sorte qu’il puisse travailler dans de meilleures conditions de sécurité et qu’une plus grande part de l’argent qu’il gagne parvienne à sa famille, alors nous ne construisons pas seulement une entreprise solide. Nous construisons aussi quelque chose qui a du sens. » 

-Dr. Charles Maina, CEO My Guardian 

Le problème est l'entrée sur le marché.

Charles identifie un défi similaire pour les produits africains. À travers Carledorian Connection, une entreprise qui crée des liens entre les marchés internationaux, il explore la manière dont des produits tels que le café ougandais pourraient accéder plus facilement et plus directement aux clients européens. 

Le problème est bien connu : avoir un bon produit ne suffit pas. Les entrepreneurs ont aussi besoin d’un accès à des acheteurs fiables, à des solutions logistiques, à des canaux de distribution et à des partenaires internationaux. 

« The problem is market entry. » Pour Charles, l’enjeu consiste donc de plus en plus à construire de véritables corridors économiques : pour les personnes, pour l’argent, mais aussi pour les produits. 

Pourquoi, par exemple, le café ougandais ne pourrait-il pas davantage trouver sa place sur ces mêmes marchés du Moyen-Orient où vivent et travaillent aujourd’hui des centaines de milliers d’Africains de l’Est ? Et, parallèlement, les relations commerciales avec l’Europe pourraient elles aussi continuer à se développer. 

Pour OVO, c’est cela, l’entrepreneuriat dans toute sa force : partir d’un problème concret, construire une solution viable et identifier, au fil du parcours, de nouvelles opportunités pour créer à la fois de la valeur économique et sociale. OVO accompagne des entrepreneurs comme Charles dans cette croissance grâce au coaching, à l’accès au financement et à la mise en relation avec les réseaux et partenaires adéquats. 

Ce qui a commencé par la protection des travailleurs migrants a ainsi donné naissance à de nouvelles solutions permettant de connecter les personnes, l’argent et les marchés. Une belle illustration de la manière dont l’accompagnement d’un seul entrepreneur peut, à terme, avoir un impact qui dépasse largement les frontières de son entreprise. 

Et si nous inversions la perspective ? 

Cela nous ramène à la vision que partagent Guy et OVO. Car si l’Europe veut réellement porter un regard économique sur l’Afrique, il ne suffit pas d’aider les entrepreneurs africains à développer des entreprises plus solides. Nous devons aussi être prêts à faire des affaires avec eux. 

Traditionnellement, l’Europe part souvent de la question suivante : que pouvons-nous apporter ? Du capital, de l’expertise, des technologies, de la formation. Tout cela reste pertinent. Mais chez OVO, nous voulons délibérément y ajouter une deuxième question : que pouvons-nous créer ensemble ? 

C’est précisément cette réciprocité qui est au cœur de notre vision de l’entrepreneuriat et de la coopération avec l’Afrique. 

Martha montre tout l’intérêt de cette approche. Elle développe une entreprise qui part de la réalité quotidienne des agriculteurs ougandais pour concevoir des solutions adaptées, aide d’autres entreprises à gagner en productivité et connaît elle-même une forte croissance. Charles pousse cette même logique à l’échelle internationale. Il ne cherche pas uniquement du soutien pour développer sa propre entreprise : il s’interroge aussi sur la manière dont les entreprises africaines peuvent accéder à de nouveaux marchés internationaux. 

Cette approche change la nature de la relation : de l’aide à la coopération, de bénéficiaires à entrepreneurs, de projets à investissements, et d’une logique Nord-Sud à une relation entre partenaires économiques. Mais surtout, elle permet de passer d’un transfert de connaissances à sens unique à une relation dans laquelle les deux parties ont quelque chose à gagner — et à apprendre.

L’Europe aussi a des choses à apprendre 

La coopération économique avec l’Afrique ne se résume pas à ce que les entrepreneurs européens peuvent apporter. En passant du temps avec des entrepreneurs comme Martha et Charles, on découvre rapidement à quel point l’innovation peut naître dans des environnements où les ressources ne sont pas toujours facilement disponibles. Les entrepreneurs doivent souvent faire preuve d’un grand pragmatisme. Ils travaillent avec ce qui est disponible localement, adaptent leur modèle économique lorsque les circonstances évoluent et cherchent constamment à créer davantage de valeur avec des moyens limités. 

Cette approche donne souvent naissance à des pratiques qui rejoignent naturellement les principes de l’économie circulaire : les ressources locales sont utilisées de manière optimale, les déchets et sous-produits trouvent de nouveaux usages et différentes activités sont reliées entre elles de manière à ce que ce qui résulte de l’une puisse créer de la valeur dans une autre. La circularité n’est donc pas nécessairement une stratégie de durabilité distincte : elle est souvent intégrée dès le départ au modèle économique. 

Pour OVO, il s’agit d’un thème particulièrement intéressant. À nos yeux, l’entrepreneuriat durable ne concerne pas uniquement la croissance économique. Il s’agit aussi d’utiliser les ressources de manière plus intelligente et plus efficace, de renforcer les chaînes de valeur locales et de développer des solutions capables de s’inscrire dans la durée. Nous considérons également l’économie circulaire comme un domaine dans lequel le partage de connaissances peut aller dans les deux sens. Les entrepreneurs belges et africains ont beaucoup à apprendre les uns des autres. 

Il ne s’agit pas pour autant d’idéaliser l’entrepreneuriat en Afrique. Les défis sont bien réels. L’accès au financement reste difficile. Les infrastructures et la réglementation peuvent freiner la croissance. L’accès aux marchés internationaux reste complexe. Mais ce contexte pousse aussi les entrepreneurs à faire preuve d’une créativité et d’une capacité d’adaptation particulièrement fortes. 

C’est précisément pour cette raison que, lors de l’Inspiration Tour, OVO ne souhaite pas uniquement montrer ce que les entrepreneurs belges peuvent apporter en Ouganda. Une question est au moins tout aussi importante : quelles idées, quelles approches et quels enseignements peuvent-ils ramener d’Ouganda en Belgique ? 

« Nous devons sortir de l’idée que l’Europe se rend en Afrique uniquement pour y apporter des connaissances ou des solutions. Nous avons énormément à apprendre les uns des autres. Une véritable coopération ne se construit pas sur des idées préconçues, mais sur la rencontre, l’écoute et la compréhension de la réalité de l’autre. C’est ainsi que naissent la confiance, le partage d’idées et des opportunités qu’aucune des deux parties ne pourrait créer seule. » 

-Anne-Lise Passelecq, Manager Team Support Ondernemers voor Ondernemers 

Pour Anne-Lise Passelecq, qui participe à l’organisation de l’Inspiration Tour au sein d’OVO et accompagne la délégation en Ouganda, c’est l’un des principes essentiels du voyage : une véritable coopération économique commence par la rencontre. 

On peut lire des centaines de rapports sur la croissance économique de l’Afrique. On peut analyser des chiffres sur la croissance démographique, les investissements ou le potentiel des marchés. Mais rien de tout cela ne remplace le fait d’être aux côtés de Martha et de l’entendre expliquer pourquoi elle a, une fois de plus, développé une solution répondant aux besoins de ses agriculteurs. Ou d’échanger avec Charles sur les raisons pour lesquelles le café ougandais peine encore à atteindre directement les clients européens. 

C’est dans ces rencontres que la coopération économique prend un visage. 

De coach à connecteur  

C’est également là qu’OVO entend jouer un rôle. Les entrepreneurs africains qui participent à nos programmes bénéficient, pendant plusieurs mois, d’un accompagnement individuel assuré par des coaches locaux ainsi que par des entrepreneurs et experts belges et internationaux expérimentés. 

Cet accompagnement repose volontairement sur une relation d’égal à égal. Il ne s’agit pas pour un expert belge de se rendre auprès d’un entrepreneur africain pour lui expliquer comment entreprendre. Martha et Charles connaissent leurs clients, leur marché et leur environnement bien mieux qu’un coach européen ne pourra jamais les connaître. 

La valeur ajoutée réside dans l’échange : poser les bonnes questions, partager des expériences et des expertises, analyser ensemble un modèle financier avec un regard critique, pousser l’entrepreneur à aller plus loin dans sa réflexion et l’aider à ouvrir des portes vers des financements, de nouveaux marchés ou des partenaires potentiels. Chacun apporte ainsi ses propres connaissances et son expérience, dans une collaboration où les coaches eux-mêmes continuent également à apprendre. 

Mais l’ambition va au-delà de l’accompagnement individuel. En créant des liens entre entrepreneurs belges et africains, OVO peut aussi jouer un rôle de passerelle entre deux mondes économiques. 

Et cette dynamique fonctionne dans les deux sens. 

Les entrepreneurs africains peuvent accéder à de l’expertise, à des financements, à de nouveaux partenaires et aux marchés européens. De leur côté, les entrepreneurs belges découvrent de nouvelles idées, de nouvelles entreprises et de nouveaux marchés, tout en se familiarisant avec une culture entrepreneuriale où la créativité et la capacité d’adaptation sont souvent essentielles. 

C’est précisément cette réciprocité qui est au cœur de l’Inspiration Tour.

L’Inspiration Tour : porter un autre regard 

En novembre, Anne-Lise Passelecq se rendra en Ouganda avec une délégation d’entrepreneurs belges et le gouverneur de la province, Jan Spooren. Il ne s’agit pas d’un voyage d’étude classique, mais d’une occasion de découvrir l’entrepreneuriat au plus près du terrain. 

La délégation visitera des entreprises actives dans des secteurs très variés et échangera avec des entrepreneurs autour de thèmes tels que la technologie, l’agriculture, la construction, l’économie circulaire, la durabilité, le financement et la croissance. Martha et Charles ne seront pas de simples cas anonymes présentés sur une slide : ce sont des entrepreneurs qui ouvriront les portes de leur entreprise, partageront leur parcours et parleront aussi, en toute transparence, des défis auxquels ils sont encore confrontés aujourd’hui. 

Derrière toutes ces rencontres se cache finalement une ambition simple : apprendre à porter un autre regard. 

Ne pas partir du principe que l’Europe détient toutes les réponses, mais chercher à comprendre avec curiosité comment les entrepreneurs ougandais abordent les problèmes auxquels ils sont confrontés. Ne pas seulement parler de l’Afrique, mais parler avec des entrepreneurs africains. Et ne pas uniquement chercher des projets que l’Europe pourrait soutenir, mais aussi identifier des entreprises dans lesquelles investir, des partenaires avec lesquels faire des affaires et des entrepreneurs actifs dans les mêmes secteurs qui pourraient partager leurs connaissances, leurs techniques et leurs expériences. C’est ainsi que peuvent naître des collaborations dans lesquelles entrepreneurs belges et ougandais apprennent les uns des autres et construisent des relations économiques durables. 

Car coopération internationale et coopération économique ne doivent pas nécessairement être deux mondes distincts. Lorsqu’une entreprise se développe, elle crée des emplois, des connaissances et des revenus. Lorsque ses clients deviennent à leur tour plus solides grâce à elle, cet impact s’amplifie. Et lorsque des entrepreneurs européens et africains commencent à se considérer comme de véritables partenaires, les possibilités qui s’ouvrent vont bien au-delà d’un seul projet ou d’un seul financement. 

Nous revenons ainsi à l’idée par laquelle Guy a commencé ce récit. Porter un regard économique sur l’Afrique ne signifie pas ignorer les défis auxquels le continent est confronté. Cela signifie aussi voir ce qui s’y construit déjà aujourd’hui — grâce à des entrepreneurs comme Martha et Charles. 

Non pas parce que l’Afrique a besoin de l’Europe pour construire son avenir. Mais parce que l’Europe a une occasion unique de prendre part à l’avenir économique que les entrepreneurs africains façonnent aujourd’hui eux-mêmes. 

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